Beaucoup de parents d’enfants ou d’adolescents TDAH vivent cette scène presque tous les jours
« Il me parle mal. »
« Il répond. »
« Il souffle, il lève les yeux au ciel. »
« On dirait qu’il le fait exprès. »
Et cette attitude est souvent interprétée comme :
- un manque de respect
- de la provocation
- un problème d’éducation
- ou un besoin de remettre de l’autorité
Pourtant, dans énormément de situations, ce comportement n’est pas une volonté de provoquer.
Il est le signe visible d’un cerveau en surcharge émotionnelle.
Le cerveau TDAH a du mal à réguler l’intensité des émotions
Le TDAH ne touche pas seulement l’attention.
Il touche aussi fortement ce qu’on appelle les fonctions exécutives émotionnelles décrites par Russell Barkley.
Cela signifie que l’enfant a beaucoup de mal à :
- freiner une émotion qui monte
- prendre du recul quand il se sent attaqué
- moduler le ton de sa voix
- choisir ses mots quand il est submergé
Quand l’émotion monte trop vite, le filtre social saute.
Et ce qui sort ressemble à de l’insolence.
Pourquoi ça arrive surtout avec les parents
Avec les enseignants, les autres adultes, ou à l’extérieur, l’enfant fait un effort immense pour se contenir.
Mais à la maison :
- il se sent en sécurité
- il n’a plus l’énergie de se contrôler
- il relâche la pression accumulée
Ce n’est pas un hasard si « l’insolence » sort surtout avec vous.
C’est souvent le signe qu’il n’en peut plus.
Le mécanisme neurologique derrière cette réaction
Quand l’enfant se sent contrarié, frustré ou repris, son système nerveux s’active très vite.
L’amygdale (centre émotionnel du cerveau) prend le dessus.
Le cortex préfrontal, qui permet de réfléchir, de choisir ses mots, de se calmer, est mis hors jeu quelques secondes.
C’est exactement pendant ces secondes que sort la phrase de trop.
Ce n’est pas réfléchi.
Ce n’est pas calculé.
C’est une réaction de stress.

Ce qui aide réellement dans ces moments là
Ce qui aide, ce n’est pas d’exiger immédiatement des excuses ou du respect.
C’est d’abord de faire redescendre la pression.
Concrètement :
- baisser le ton au lieu de monter le vôtre
- faire une pause plutôt que continuer l’échange
- revenir plus tard sur la manière de parler, une fois l’émotion redescendue
- mettre des mots sur ce qu’il ressent plutôt que sur ce qu’il a dit
Ce n’est pas « laisser passer ».
C’est intervenir au bon moment, quand le cerveau est de nouveau disponible.
Pourquoi comprendre ça change complètement la posture du parent
Quand on pense que l’enfant est insolent, on se sent attaqué.
Quand on comprend qu’il est en détresse, on change de regard.
On passe de :
« Il me manque de respect »
à :
« Il est submergé, je vais l’aider à redescendre »
Et c’est cette posture qui, à long terme, diminue vraiment ces comportements.
En résumé
Un enfant TDAH ne parle pas mal parce qu’il veut blesser.
Il parle mal parce que son cerveau déborde.
Comprendre cela permet de :
- moins prendre les choses personnellement
- mieux protéger la relation parent-enfant
- agir de manière plus efficace sur ces situations
Et ça, on ne le dit pas assez aux parents.
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