Beaucoup de parents d’enfants ou d’adolescents TDAH entendent cette phrase :
« À l’école, ça se passe bien. »
« Chez les autres, il est adorable. »
« Avec moi, c’est l’enfer. »
Et cette réalité est souvent extrêmement culpabilisante.
Certains parents finissent par penser :
« Il le fait exprès. »
« Il se contrôle quand il veut. »
« Donc le problème, c’est moi. »
Pourtant, ce comportement est très fréquent chez les enfants TDAH.
Et il a une explication neurologique très claire.
Le cerveau TDAH fonctionne sous “contrôle forcé” à l’extérieur
À l’école, chez les amis, chez les grands-parents, l’enfant TDAH sait qu’il doit faire un effort énorme pour :
rester assis
attendre son tour
contrôler ses impulsions
gérer ses émotions
respecter les règles sociales
Cet effort est invisible, mais il est colossal.
Comme l’explique Russell Barkley, le cerveau TDAH doit mobiliser beaucoup plus d’énergie que celui des autres enfants pour maintenir ce contrôle.
Toute la journée, il “tient”.

Ce que le parent voit… et ce que l’enfant vit
Côté parent :
un enfant qui semble choisir avec qui il se comporte mal
une impression d’injustice
le sentiment d’être la seule personne à subir
Côté enfant :
une fatigue neurologique énorme
un besoin urgent de relâcher la pression
l’endroit le plus sûr pour arrêter de faire des efforts
Il ne choisit pas de se comporter mal avec vous.
Il choisit inconsciemment l’endroit où il peut enfin lâcher.
Pourquoi ça arrive presque uniquement à la maison
La maison, pour un enfant TDAH, c’est :
le lieu le plus sécurisant
l’endroit où il peut être lui-même
l’espace où il n’a plus besoin de faire semblant
Ce n’est pas un hasard si les débordements arrivent :
après l’école
le soir
le week-end
pendant les vacances
Ce n’est pas de l’opposition.
C’est du relâchement.
Le mécanisme neurologique derrière ce phénomène
Après plusieurs heures de contrôle, les fonctions exécutives sont épuisées.
Le cortex préfrontal, qui permet :
- de réfléchir
- de se retenir
- de moduler ses réactions
n’a plus assez d’énergie pour fonctionner correctement.
L’enfant ne peut plus maintenir le comportement social attendu.
Alors tout ce qui a été retenu sort.
Ce qui aide réellement dans ces moments-là
Ce qui aide, ce n’est pas de comparer avec l’école.
Ce qui aide, c’est de comprendre qu’il est en fin de ressources.
Concrètement :
prévoir un temps de décompression en rentrant
éviter les demandes immédiates
alléger les exigences en fin de journée
différer les discussions importantes
Ce n’est pas « céder ».
C’est adapter le cadre à l’état réel du cerveau.
Pourquoi comprendre ça change tout pour le parent
Quand on pense que l’enfant choisit avec qui il est difficile, on se sent visé.
Quand on comprend qu’il se relâche là où il se sent en sécurité, le regard change.
On passe de :
« Pourquoi il est comme ça avec moi ? »
à :
« Il n’a plus l’énergie de faire semblant ici. »
Et cette compréhension permet d’apaiser énormément de tensions.
En résumé
Un enfant TDAH ne se comporte pas mieux avec les autres.
Il se contient davantage à l’extérieur… et se relâche là où il se sent en sécurité.
Comprendre cela permet de :
arrêter de culpabiliser
mieux protéger la relation parent-enfant
adapter le quotidien aux vraies capacités du cerveau
Et ça, on ne le dit pas assez aux parents.
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