« Tu peux mettre tes chaussures ? »
→ Non.
« Viens manger. »
→ Non.
« Éteins la télé. »
→ Non.
Chez les enfants et adolescents TDAH, le “non” semble parfois sortir avant même la réflexion.
Et pour les parents, ce refus constant devient vite épuisant, frustrant, voire blessant.
Pourtant, dans la majorité des cas, ce “non” n’est ni un caprice, ni une provocation, ni un refus conscient d’obéir.
Il est souvent le signe d’un cerveau déjà saturé.
Ce que le parent entend… et ce que l’enfant vit
Côté parent, le message reçu est souvent :
« Il s’oppose à tout. »
« Il teste les limites. »
« Il pourrait faire un effort. »
Côté enfant TDAH, ce qui se joue est très différent :
-
difficulté à changer d’état mental
-
fatigue cognitive
-
impression d’être envahi par la demande
-
incapacité à traiter l’information calmement
Le “non” devient alors une réponse réflexe, presque défensive.
Le cerveau TDAH face à une demande
Lorsqu’un adulte fait une demande, le cerveau doit :
-
entendre l’information
-
l’analyser
-
se projeter dans l’action
-
inhiber ce qu’il est en train de faire
-
mobiliser l’énergie pour agir
Chez un enfant TDAH, ce processus est beaucoup plus coûteux.
Quand le cerveau est déjà fatigué ou surchargé, il n’a pas la capacité de faire tout ce chemin.
Il coupe court.
Et le mot le plus simple pour couper court, c’est : non.
Pourquoi le “non” arrive surtout quand ça compte
Les refus sont souvent plus fréquents :
-
en fin de journée
-
lors des transitions
-
quand l’enfant est concentré sur quelque chose
-
quand la demande arrive vite ou sans préparation
Ce n’est pas un hasard.
À ces moments-là, les ressources mentales sont déjà entamées.
Le “non” n’est pas un refus de l’adulte.
C’est un refus de l’effort supplémentaire.
Pourquoi insister ou menacer aggrave souvent la situation
Quand le parent insiste :
-
la pression augmente
-
le cerveau TDAH se sent attaqué
-
l’émotion monte
-
le refus se rigidifie
On entre alors dans un bras de fer…
alors qu’au départ, l’enfant n’était pas forcément opposé à la demande.
Ce n’est pas un problème d’autorité.
C’est un problème de capacité à ce moment précis.
Ce qui aide vraiment face aux refus automatiques
Ce qui aide, ce n’est pas de forcer.
C’est de rendre la demande accessible au cerveau TDAH.
Par exemple :
-
prévenir avant de demander
-
laisser quelques secondes de latence
-
formuler une demande claire et courte
-
éviter les demandes en rafale
-
proposer un choix limité plutôt qu’un ordre
Ces ajustements ne suppriment pas toutes les oppositions,
mais ils réduisent fortement les refus automatiques.
Pourquoi comprendre ce mécanisme change la posture parentale
Quand un parent comprend que :
-
le “non” n’est pas forcément intentionnel
-
le refus peut être un signe de surcharge
-
l’enfant ne cherche pas toujours le conflit
Alors la relation s’apaise.
On passe de :
« Il s’oppose exprès »
à :
« Son cerveau est en limite, je vais adapter »
Et cette adaptation permet souvent… plus de coopération.
En résumé
Un enfant TDAH ne dit pas toujours “non” parce qu’il ne veut pas.
Il dit parfois “non” parce qu’il ne peut plus.
Comprendre cela, c’est :
-
arrêter de personnaliser les refus
-
préserver la relation
-
poser un cadre plus juste
-
retrouver un quotidien moins conflictuel
Et ça aussi, on ne le dit pas assez aux parents.
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