Beaucoup de parents d’enfants ou d’adolescents TDAH vivent la même situation :
« À l’école, ça va.
Chez les autres, ça va.
Mais à la maison, c’est l’enfer. »
Et cette réalité est souvent incomprise, voire culpabilisante.
Certains parents finissent même par se demander s’ils font « tout de travers ».
Pourtant, ce comportement n’a rien à voir avec un manque d’autorité, ni avec un caprice.
Il est très souvent lié à un phénomène neurologique bien connu chez les enfants TDAH : le relâchement après effort.
Le cerveau TDAH fonctionne en “surcharge contrôlée”
Toute la journée, l’enfant TDAH fournit un effort massif pour faire ce qu’on attend de lui :
-
se concentrer
-
rester assis
-
attendre son tour
-
filtrer le bruit
-
contrôler ses impulsions
-
s’adapter aux règles sociales
Cet effort est largement invisible, mais il est constant.
Le cerveau TDAH consomme beaucoup plus d’énergie pour maintenir ce contrôle que celui d’un enfant sans TDAH.
Résultat : à la fin de la journée, les ressources sont épuisées.
Pourquoi l’explosion se produit surtout à la maison
La maison est généralement :
-
le lieu le plus sécurisant
-
l’endroit où l’enfant n’a plus besoin de “faire semblant”
-
l’espace où il peut enfin lâcher le contrôle
Ce n’est donc pas un hasard si les débordements arrivent :
-
juste après l’école
-
en fin de journée
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le week-end
-
pendant les vacances
Ce n’est pas que l’enfant “se lâche exprès”.
C’est qu’il ne peut plus se retenir.
Ce que le parent voit… et ce que l’enfant vit
Côté parent :
-
opposition immédiate
-
crises pour des détails
-
refus de coopérer
-
colère, pleurs, agitation
Côté enfant :
-
fatigue extrême
-
saturation mentale
-
trop-plein émotionnel
-
besoin urgent de relâcher la pression
L’enfant ne choisit pas ce moment.
C’est son système nerveux qui lâche.
Ce qui aide réellement dans ces moments-là
Ce qui aide, ce n’est pas de demander plus d’efforts.
C’est de réduire les exigences temporaires.
Concrètement :
-
alléger les demandes juste après l’école
-
prévoir un temps de décompression (calme, mouvement, solitude selon l’enfant)
-
éviter les discussions importantes à chaud
-
différer les règles non essentielles
-
sécuriser plutôt que confronter
Ce n’est pas “céder”.
C’est adapter le cadre à l’état réel du cerveau.
Pourquoi comprendre ce mécanisme change tout
Quand un parent comprend que :
-
son enfant ne va pas bien parce qu’il a trop tenu
-
l’explosion est un signal, pas une provocation
-
la maison est un lieu de relâchement, pas de test
Alors la posture change profondément.
On passe de :
« Il me manque de respect »
à :
« Il est en surcharge, je vais l’aider à redescendre »
Et paradoxalement, c’est cette posture qui permet moins de crises à long terme.
En résumé
Un enfant TDAH ne se comporte pas “pire” avec ses parents.
Il se sent suffisamment en sécurité pour lâcher ce qu’il a retenu toute la journée.
Comprendre ce phénomène, c’est :
-
arrêter de se remettre en question en permanence
-
mieux protéger la relation parent-enfant
-
retrouver un quotidien plus apaisé
Et ça, on ne le dit pas assez aux parents.
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Commentaires
Bonjour,
Je souhaiterais savoir comment LA MIMI-FORMATION PARENTALE .
LE COÛT ,LA DURÉE.
SVP
Merci pour les conseils
Bonjour
Ces formations peuvent elles être une aide entre parents et enseignants
Merci
Merci bcp pour ces conseils car je vis quotidiennement cette situation avec mon fils
On a un bel exemple de ce que vous décrivez.
Un enfants qui explose exactement aux moments que vous dites.